Mon Chalendrier

Mon premier blog pour famille et amis

12 décembre 2009

Comme un bonbon...

1042987_gfCe petit livre est partout en ce moment, enfin en tout cas sur beaucoup de blogs que je visite... C'est donc pour cela que je l'ai acheté lors de ma dernière escapade française. Et puis aussi parce que j'avais beaucoup aimé "Je l'aimais", de la même auteure...

 

Eh bien je n'ai pas été déçue... Comme un berlingot que l'on fait fondre lentement dans la bouche et lorsqu'il a disparu, on se dit : "Oh, déjà?", mais on en garde la saveur sucrée sur les papilles...

 

Un extrait :
On va mettre ça sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
Depuis presque trente ans qu'ils me faisaient la vie belle... Qu'allais-je devenir sans eux? Et quand la vie finirait-elle par nous séparer?
Puisque c'est ainsi. Puisque le temps sépare ceux qui s'aiment et que rien ne dure.

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10 novembre 2009

Morceaux choisis

9782070396849A chaque rentrée c'est la même chose... Je suis partagée entre le souhait enthousiaste de faire mieux que l'an passé, et l'affreuse paresse de me retrouver encore face à untel, qui m'en a déjà fait voir de toutes les couleurs l'année dernière... alors je me fais ma petite thérapie de prof ordinaire, je remets en question ma vocation, mes envies, mes méthodes, mes résultats...

 

En septembre 2008, j'avais lu le fameux  ouvrage de François Bégaudeau, "Entre les murs". Cette fois, j'ai attaqué la bête noire de tout prof qui se respecte : le cancre, à travers le livre du talentueux  Daniel Pennac, dont j'avais dévoré il y a quelques années la série des Malaussène...

 

Ce que j'ignorais avant de lire cet ouvrage, c'est qu'il avait été lui même un cancre de la pire espèce... Comme quoi, ces "cas désespérés" qui nous font soupirer lors des conseils de classe, ne le sont pas toujours, désespérés... Il a également exercé durant 25 ans le métier de prof, c'est donc dans la double perspective de la victime et du bourreau qu'il nous parle, et c'est d'autant plus intéressant...

 

Voici quelques morceaux choisis, pour ceux qui auront la patience de les lire...

 

"Plus que tout, certains professeurs me reprochaient ma gaîté. C'était ajouter l'insolence à la nullité. La moindre des politesses pour un cancre, c'est d'être discret : mort-né serait l'idéal. Seulement, ma vitalité m'était vitale, si je puis dire. Le jeu me sauvait du chagrin qui m'envahissait dès que je retombais dans ma honte solitaire. Mon Dieu, cette solitude du cancre dans la honte de ne jamais faire ce qu'il faut! Et cette envie de fuir...

(...) l'incapacité absolue des professeurs à comprendre l'état d'ignorance où mijotent leurs cancres, puisqu'ils étaient eux-mêmes de bons élèves, du moins dans la matière qu'ils enseignent! Le gros handicap des professeurs tiendrait dans leur incapacité à s'imaginer ne sachant pas ce qu'ils savent. (...) Vous êtes tous les mêmes, les profs! Ce qui vous manque, ce sont des cours d'ignorance! On vous fait passer toutes sortes d'examens et de concours sur vos connaissances acquises, quand votre première qualité devrait être l'aptitude à concevoir l'état de celui qui ignore ce que vous savez!"

"Ô, le souvenir pénible des cours où je n'y étais pas! comme je les sentais flotter, mes élèves, ces jours-là, tranquillement dériver pendant que j'essayais de rameuter mes forces. Cette sensation de perdre ma classe,,, Je n'y suis pas, ils n'y sont plus, nous avons décroché. (...) Ces heures ratées me laissaient sur les genoux. Je sortais de ma classe épuisé et furieux. Une fureur dont mes élèves risquaient de faire les frais toute la journée car il n'y a pas plus prompt à vous engueuler qu'un prof mécontent de lui-même."

"Je sais seulement que les trois professeurs qui m'ont sauvé étaient habités par la passion communicative de leur matière. Armés de cette passion ils sont venus me chercher au fond de mon découragement et ne m'ont lâché qu'une fois mes deux pieds solidement posés dans leur cours. Ils accompagnaient nos efforts pas à pas, se réjouissaient de nos progrès, ne s'impatientaient pas de nos lenteurs, ne considéraient jamais nos échecs comme une injure personnelle et se montraient avec nous, les cancres, d'une exigence d'autant plus rigoueuse qu'elle était fondée sur la qualité, la constance et la générosité de leur propre travail. (...) Tout bien réfléchi, ces trois professeurs n'avaient qu'un point commun : ils ne lâchaient jamais prise."

Posté par cecilou71 à 17:48 - Cat'alogue de livres - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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