09 février 2009
Le Maroc en voiture
Une fois la voiture débarquée du Ferry, la vraie attente commence. La douane de Tanger ressemble à une vraie fourmilière mais dans laquelle règnerait un certain chaos flegmatique, je dirais... Ça brasse beaucoup, mais ça n'avance pas, et, ô miracle, personne ne s'énerve... C'est comme ça, et pas autrement, et de toutes façons "un homme pressé est déjà mort", alors... alors on s'occupe comme on peut, à défaut d'avancer...
Entre temps on subit la première arnaque du touriste qui débarque au Maroc pour la première fois : un fonctionnaire s'approche de vous avec à la main un papier officiel à remplir pour la voiture (elle aussi elle a besoin d'un visa d'entrée), il vous réclame vos passeports et quand il se retourne et que vous voyez sur son dos " Ecrivain Public", vous vous dites que vous avez sans doute une tête d'illettré de nouveau, et que vous en serez quitte pour lui verser un bon pourboire !!! Bref, comptez au bas mot 3 heures pour faire les 15 km du détroit de Gibraltar et pouvoir continuer votre route, ou aller vous installer à l'hôtel Continental (qui fera l'objet d'un autre post, plus tard)...
3 heures??? Mais cela n'est rien à côté de la traversée du retour, ma pauv' dame !!! Parce qu'au retour, non seulement vous faites la tronche parce que les vacances sont finies et que vous êtes sur le point de quitter votre deuxième pays, donc, forcément, la moindre complication sera grandement amplifiée ; mais en plus le décalage horaire joue en votre défaveur, puisque si vous larguez les amarres à Tanger à 15h, au même moment il est déjà 16h en Europe, là, juste en face... Si on ajoute à cela le fait que, comme tout le monde, (c'est logique), vous voulez profitez des vacances jusqu'au dernier moment, et que par conséquent vous êtes loin d'être les seuls à attendre le ferry... il faut compter le double du temps qu'à l'aller, à savoir... environ 6 heures... pour quinze kilomètres, ce qui nous fait une vitesse d'un peu plus de 2 kilomètres à l'heure. Quand on monte sur le bateau, on soupire de soulagement,
Mais on soupire aussi aussi de tristesse en voyant s'éloigner ça...
Mais revenons à nos moutons... Sur les autoroutes marocaines, ils roulent à 120 km/h. Jusque là comme chez nous... Là ou ça commence à se corser, c'est quand on voit que sur la BAU (Bande d'Arrêt d'Urgence), ça s'active autant que sur la chaussée : charrettes, ânes, jeunes gens qui font leur jogging, vélos, vieux monsieurs en Djellabas qui attendent l'autobus ou même :
Tant qu'à faire il aurait pu s'arrêter ailleurs que juste sous le panneau d'interdiction, ou prendre la bretelle et sortir de l'autoroute, mais quand c'est l'heure (de la prière, je précise au cas où vous vous demanderiez ce qu'il cherche dans l'herbe...), c'est l'heure ; on ne plaisante pas avec ça !
... Et encore, tous ceux-là vont dans le Même sens que vous, ou à peu près... Ça se complique un peu lorsque vous apercevez soudain un policier en plein milieu de la chaussée qui vous fait signe de vous arrêter pour un contrôle (ils sont très fréqunts, surtout dans le nord du pays) ou un troupeau de vaches qui traverse pépère la 4 voies :
Mais de jour encore ça va... C'est même plutôt distrayant... Et puis on peut toujours observer la logistique marocaine, ou l'art de faire tenir le plus de choses possibles sur un camion...
Et puis on peut également profiter des trajets interminables pour perfectionner la langue :
Bref, de jour ce n'est pas trop problématique, dans l'ensemble... La nuit c'est un peu plus délicat... D'une part, parce que les glissières de sécurité sont assez rares, et qu'on SENT littéralement les précipices, même si on ne les voit pas... Sur ce genre de routes, par exemple :
Et puis c'est bien connu, au Maroc il y a du monde partout, même au milieu de nulle part, et les routes ne font pas exception... De nuit elles grouillent d'ânes, de vélos (sans éclairages, bien sûr, sinon ce serait pas rigolo), de piétons en Djellabahs noires qui profitent pour traverser quand vous éclairez la chaussée avec vos phares, et que vous arrivez à éviter de justesse au dernier moment... Deux paires d'yeux bien écarquillés ne sont pas de trop pour éviter l'accident...
Autres curiosités :
La signalisation : voyez-vous les petits tas de cailloux le long du précipice??? (click sur la photo pour agrandir) Ça signifie : "Danger!". A défaut de barrières, c'est toujours ça!!!
La route qui traverse le terrain de foot du village de Tizgui:
D'un peu plus près on voit mieux :
Les pistes en 504 : vitesse de pointe conseillée, 10 km/h...
Rue de notre Casbah à Agdz :(typique)
Le parking du Souk à Agdz :
Etat de notre voiture au bout de trois jours :
VIVE L'AVENTURE !!!
VIVE LE MAROC (EN VOITURE) !!!
Petit cadeau pour finir : En visionnant cette vidéo (où il manque quand même les charrettes de mulets, c'est dommage...) vous pourrez imaginer notre arrivée à Marrakech, de nuit, une traversée épique de la ville tout en essayant de ne pas perdre de vue la voiture de Fil devant nous... Sress assuré!!!






























